Musembo était le nom de ce grand garçon athlétique et rieur qui tirait sa pirogue au sec sur la plage de Batoké au Cameroun. Depuis qu’il était en âge de marcher, ce qu’il aimait par-dessus tout était de se rouler dans les longues vagues qui s’amollissaient sur l’immense plage. Quand il fut en âge de ramener un salaire pour aider sa mère, il alla solliciter tout naturellement la communauté des pêcheurs, qui l’emmenèrent sur leurs pirogues et lui apprirent le métier. C’était un métier dur et exigeant, mais Musembo se sentait dans son élément et il n’avait pas son pareil pour capturer les poissons, ses frères, dans ses filets.
Un jour que Musembo était parti au large avec trois autres pêcheurs sur une grande pirogue élancée, décorée de couleurs vives, il observa avec crainte de gros nuages plombés s’accumuler à l’horizon. À peine eut-il le temps d’échanger quelques regards inquiets avec ses collègues que de grandes bourrasques surgirent de sous ces nuages et coururent à l’assaut de la pirogue. La mer se creusa et le bateau joua au yoyo le long de montagnes d’eau gigantesques. Un coup de vent plus malveillant que les autres mit la pirogue parallèle aux vagues, et une déferlantes plus goulue que les autres entraîna le bateau et tout son contenu vers le fond de la mer.
Musembo sentit que son pied était emmêlé dans un filet, qui lui-même était attaché à la pirogue qui s’enfonçait dans les flots. Il ne se débattit pas, car en plus d’être un grand pêcheur il était un grand philosophe, et il savait que lutter contre les forces de la nature est vain. Il garda les yeux grands ouverts pour remplir ses derniers moments des reflets gris, bleus et verts de sa mer chérie en furie. Et soudain il la vit ! Cette belle dame au corps sombre et luisant, avec un grand sourire et les bras ouverts. Liemba, la déesse de la mer ! Des milliers de perles translucides aux couleurs des vagues étaient accrochées à ses nattes qui flottaient dans le courant. Le bas de son corps était une belle queue de poisson aux écailles diaprées. Des bracelets d’algues s’enroulaient autour de ses bras.
Musembo n’avait pas peur, il était serein. Il se réfugia entre les bras accueillants de Liemba, posa la tête sur ses seins maternels. Et c’est ainsi que Musembo devint le fils de la déesse de la mer.

c'est moi qui fous rien, et c'est moi qui ai pondu le texte le plus court ;)
RépondreSupprimerDD avait dit qu'il n'avait aucune exigence de nombre de lignes, qu'il fallait juste qu'on raconte une histoire avec Musembo ! Et la tienne est fort belle !
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